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Passy, l'air et le temps

Apiculture

Quand notre abeille mellifère "noire de Savoie" s’est-elle implantée dans notre belle région ? Depuis quand les Passerands pratiquent-ils l’apiculture ? Nos recherches concernant nos anciens se limiteront à quelques 150 ans.

En 1886, la population de Passy s’élève à 1925 habitants et 447 exploitations agricoles assurent les besoins alimentaires locaux, dont le vin et le miel. Ce dernier, alors  seul produit sucrant disponible, est surtout considéré comme médicament, que la maitresse de maison garde pour les malades et souffreteux. Presque chaque ferme possède quelques ruches en paille (benons en patois) abritées dans un rucher/chalet en bois (toulard en patois). Il en reste quelques exemplaires sur la commune.

L’exploitation ancestrale de ces ruches reste rudimentaire : en automne, les colonies les plus lourdes sont sacrifiées, étouffées. On prélève alors les rayons de miel que l’on écrase, filtre, pour séparer miel et cire. Celle-ci est utilisée pour la fabrication de cierges et de bougies. Le miel est stocké dans des toupines, afin qu’il se conserve dans de bonnes conditions.

Il faudra attendre le début du 20e siècle, mais souvent après la guerre de 1914/1918  pour voir arriver les premières ruches modernes à cadres mobiles, toujours utilisées aujourd’hui. On passe alors d’une apiculture fixiste à une apiculture mobiliste. La production en  est ainsi triplée, passant de 5 kg à 15 kg de miel  en moyenne, signant ainsi  la fin de l’étouffage.

Progressivement, cette apiculture se démocratise, avec l’arrivée de nouveaux habitants/apiculteurs attirés par le développement de l’industrie dans le fond de la vallée, celui du médical au Plateau d’Assy et enfin du tourisme. La formation jusqu’alors dispensée par le clergé et ou par le corps enseignant, est maintenant prise en charge par le syndicat départemental d’apiculture, bientôt démultipliée par le Rucher école G.  Fivel créé en 1994. Passy a joué un rôle au syndicat en lui fournissant 3 présidents !

Des ruchers importants ont aujourd’hui disparu : H.  Grosset Janin,  J. Roch,  G. Fivel… Ils ont laissé la place à une quarantaine de petits ruchers dont la production/ruche décroît d’année en année, par manque de surfaces mellifères (urbanisation galopante, surpâturage, modification des pratiques culturales...) Ces apiculteurs s’interrogent : doit-on continuer à élever des abeilles, assurant la pollinisation gratuite de 80% des essences ornementales et culturales sans un juste retour d’investissement ?
Partant de ce constat, et appuyés par l’équipe du Rucher-école, ils suggèrent au service des espaces verts de la commune et à tous les jardiniers de planter des essences mellifères et pollinifères. Elles permettront de maintenir un nombre suffisant  d’abeilles dont le rôle majeur reste la pollinisation. Dans certaines régions du monde, les abeilles ont disparu. Résultat  : la pollinisation des fruitiers ne s’effectue que grâce à  de petites mains qu’il faut rémunérer !

B.Cartel